D'abord, l'oeuvre de Choderlos de Laclos.
Lu par LUDMILA MIKAEL, DIDIER SANDRE, AGNES SOURDILLON ET 8 COMEDIENS |
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| Direction artistique : CLAUDE COLOMBINI |
| Label : FREMEAUX & ASSOCIES |
Nombre de CD : 10 |
J'avoue, je n'avais jamais lu ce classique de la littérature épistolaire française mais je ne regrette pas sa découverte dans ce magnifique enregistrement. Les duels perfides de la marquise de Merteuil et du Vicomte de Valmont, les soubresauts enfantins de la jeune Cécile qui se laisse aller tout doucement aux plaisirs de l'amour, bien manipulée et j'en passe: tout transparait au travers de cette oeuvre et on frisonne à son écoute.
J'ai trouvé l'oeuvre en elle-même terrible parce finalement tellement vraie, une sorte de portrait de l'âme humaine qui apparait non feinte, pour une fois . Et puis, ce qui est réellement jouissif dans cette écoute (ou lecture), c'est l'utilisation de la langue français. Utilisée la façon la plus subtile possible, la langue devient une arme, un code, une clef entre les deux protagonistes.
LA MARQUISE DE MERTEUIL AU VICOMTE DE VALMONT
À la bonne heure, Vicomte, et je suis plus contente de vous cette fois-ci que l'autre ; mais à présent, causons de bonne amitié et j'espère vous convaincre que, pour vous comme pour moi, l'arrangement que vous paraissez désirer serait une véritable folie.
N'avez-vous pas encore remarqué que le plaisir, qui est bien en effet l'unique mobile de la réunion des deux sexes, ne suffit pourtant pas pour former une liaison entre eux ? et que, s'il est précédé du désir qui rapproche, il n'est pas moins suivi du dégoût qui repousse ? C'est une loi de la nature que l'amour seul peut changer ; et de l'amour, en a-t-on quand on veut ? Il en faut pourtant toujours : et cela serait vraiment fort embarrassant, si on ne s'était pas aperçu qu'heureusement il suffisait qu'il en existât d'un côté. La difficulté est devenue par là de moitié moindre, et même sans qu'il y ait eu beaucoup à perdre ; en effet, l'un jouit du bonheur d'aimer, l'autre de celui de plaire, un peu moins vif à la vérité, mais auquel se joint le plaisir de tromper, ce qui fait équilibre ; et tout s'arrange.
Mais dites-moi, Vicomte, qui de nous deux se chargera de tromper l'autre ? vous savez l'histoire de ces deux fripons qui se reconnurent en jouant : Nous ne nous ferons rien, se dirent-ils, payons les cartes par moitié ; et ils quittèrent la partie. Suivons, croyez-moi, ce prudent exemple, et ne perdons pas ensemble un temps que nous pouvons si bien employer ailleurs"
Quant à l'ouvrage crocheté à son écoute, il s'agit d'un pull bleu mais mis de côté pour le moment (quelques soucis de dimensions). Photos à venir.